Alexandre Venturini, quand chiner est un jeu d’enfant

Regard espiègle, et tempérament indépendant, Alexandre Venturini n’a pas perdu son âme d’enfant.
Si pour lui chiner est un jeu, Paul Bert Serpette est sa cour de récréation, mais pas de stratégie… Ce marchand n’accumule que des coups de cœur, alors entrez dans la partie.

 

Quel est votre parcours ?

Comme beaucoup de marchands, je suis avant tout un passionné d’objets, chinant depuis mon enfance. N’étant pas issu d’une famille de marchands, j’ai fait des études en conséquence. J’ai commencé en étudiant l’histoire de l’art, puis j’ai continué avec une école spécialisée dans le marché de l’art et les antiquités. J’ai beaucoup aimé cela. J’ai débuté en maison de vente aux enchères, chez Tajan puis j’ai été débauché par Delvaille, un antiquaire du Carré Rive Gauche. J’ai très vite eu envie de me lancer tout seul car je ne voulais pas prendre l’habitude d’être salarié. J’ai commencé aux Puces de Vanves et j’y suis resté pendant presque deux ans. Finalement, j’ai eu l’opportunité de m’installer à Paul Bert Serpette, dans un premier temps en partageant un stand, puis j’ai pris un stand seul et je m’y trouve toujours actuellement. Cela fait maintenant 19 ans que je suis là.

D’où vient cette passion de chiner ?

Chiner, c’est comme une chasse aux trésors. Je pense que les marchands ont une âme d’enfant. Quand j’étais petit, je chinais dans le but de trouver l’objet extraordinaire. Chiner, c’est du rêve… Dans ce métier, on peut se faire plaisir pour rien, si l’on ne recherche pas ce que tout le monde veut.

 

Préférez-vous acheter ou vendre ?

Acheter, sans hésiter. Evidemment il faut rentrer de l’argent, mais vendre ce que j’aime ne m’intéresse pas du tout. Nous sommes des acheteurs compulsifs et nous ferions mieux parfois de faire des psychanalyses ! Acheter est une thérapie…

 

Avez-vous une passion particulière ?

A l’origine j’avais un goût très classique et j’aimais l’argenterie, très bourgeoise et rassurante. Je trouve aussi magique la verrerie 18ème. Maintenant, le marbre m’amuse beaucoup. J’aime la matière et les motifs infinis, cela me fascine. C’est un domaine qui a toujours plu mais que l’on ne connaît bien que depuis une vingtaine d’années ; avant, il n’y avait pas autant d’accès à la connaissance. J’aime rechercher les provenances du marbre, c’est un peu comme un jeu.

 

Que trouve-t-on sur votre stand ?

Je suis un chineur donc tout dépend de ce que je trouve. J’ai un goût très éclectique, mais avec une base classique. J’ai un défaut : pour moi tout est beau et je ne peux pas m’empêcher d’acheter. Je me retrouve alors vite avec un amas d’objets qui n’est plus gérable.

 

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

En un mot, c’est une ambiance. Celle-ci dépend beaucoup des marchands, de ce qu’ils apportent et de leur humeur. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir m’installer ici. Venir travailler à Paul Bert Serpette est toujours un grand bonheur. Nous avons la chance d’avoir une belle clientèle.

 

Quel objet de votre stand souhaitez-vous mettre en avant ?

En ce moment je présente cette jolie banquette guérite. C’est un modèle qui était fait pour se protéger des courants d’air et qui existait au 18ème. Celui-ci doit dater des années 90 et avait été fait pour les bureaux de Dior. J’aime la grossièreté de la sculpture qui lui donne un look sympa et même un petit côté indien. Elle est atypique, je la trouve très décorative.