Caroline Pons, une chasse aux trésors infinie

Aussi inspirée qu’hyperactive, l’insaisissable Caroline Pons sillonne la France en quête de trésors. Si la beauté de l’objet fait pétiller les yeux de cette antiquaire généraliste, le plaisir du contact est tout aussi important. Laissez-vous étourdir sur son stand, entre deux vases chinois, du mobilier XXème et une importante commode XIXème…

 

Parlez-nous de votre parcours

Mon parcours est relativement atypique puisque je ne viens pas du monde de l’antiquité. Après un Bac+5 en école de commerce, j’ai commencé à travailler en entreprise, de façon traditionnelle et normée, à la direction de services marketing de grandes entreprises. Mes grands-parents étant de vaillants collectionneurs, mon enfance est tout de même marquée d’objets d’art et de brocantes. Très vite, je me suis alors mise à acheter, à arpenter les brocantes en guise de hobby.

 

Les années faisant, j’ouvre alors ma première boutique de décoration et de brocante de charme à Saint Germain en Laye aux côtés de plusieurs amies. Puis une seconde… J’ai par la suite pris le parti de partir sur les routes et de faire des salons. Cela m’a encouragé à changer d’activité pour me consacrer entièrement au métier d’antiquaire. Le plaisir d’arpenter la France pendant plus de 15 ans en écumant les foires et salons de Bretagne, de Beauvais, de Pont l’Evêque, de Chatou…

 

C’est d’ailleurs à la foire de Chatou que j’ai été repérée pour participer à l’émission Affaire Conclue sur France 2. Curieuse d’un univers télévisuel qui m’était inconnu, je me suis lancée dans l’aventure sans attente particulière et me suis finalement laissée porter. En parallèle, l’envie de rouvrir une boutique grandissait en moi et les Puces de Saint Ouen se sont imposées. Paul Bert Serpette m’apparaissait plus précisément comme une évidence.

 

Pourquoi Paul Bert Serpette ?

La réputation du marché m’était parvenue aux oreilles depuis fort longtemps. Je savais qu’un jour, si je franchissais le pas de m’installer aux Puces, je me tournerais vers Paul Bert Serpette et je ne suis d’ailleurs pas déçue de mon choix. L’idée que l’on puisse allier antiquités et décoration me plaît particulièrement. Le luxe de la diversité caractérise bien ce marché. Vous trouverez mille et un trésors à Paul Bert Serpette. J’emploie le terme trésor puisqu’il règne une certaine élégance dans les allées…

 

Comment envisagez-vous le métier d’antiquaire ?

Issue du marketing, j’ai pu analyser divers modèles économiques au cours de ma carrière. Or, celui d’un antiquaire se décline de mille et une façons. Mes confrères travaillent différemment, et c’est là toute la liberté du métier. Certains se concentrent sur les salons professionnels, d’autres n’achètent qu’en salle des ventes et, personnellement, j’achète essentiellement chez des clients particuliers. Mon offre est ainsi hétéroclite, au gré du goût de mes clients. Je ne souhaite pas me spécialiser mais j’aime tout de même créer des thématiques quand j’expose mes trouvailles.

 

J’ai également eu la chance de côtoyer une multitude de marchands, aussi attachants que différents les uns des autres. Oscillant entre déballages de petites villes de province et grands salons parisiens, je garde en tête la richesse des rencontres. J’ai parfois la sensation de vivre dans un film. Un film dans lequel chaque jour est surprenant, l’intrigue principale étant la quête de l’objet. Une quête infinie…

 

Justement, que trouve-t-on sur votre stand ?

Vous trouverez sur mon stand un large choix de mobilier et d’objets de décoration d’époques et de styles différents. Je suis capable de vous présenter un vase chinois avec un tableau de maître puis une table Knoll et un service en porcelaine. Mes scénographies marient l’impensable selon ce que je chine. J’achète au coup de cœur mais connais également le goût de mes clients et sais qu’ils aiment trouver chez moi des pièces variées.

 

Certains me rendent par exemple régulièrement visite pour chiner mes bronzes et de l’art asiatique, il m’arrive alors de penser à eux quand je suis face à une pièce susceptible de leur plaire. Personnellement, je suis aussi très sensible à l’art d’Asie, un art d’une finesse extrême et doté d’une histoire passionnante. C’est un aspect qui caractérise mon quotidien mais je reste d’une curiosité sans bornes pour d’autres univers. C’est l’objet en lui-même qui me plaît, sa ligne, ses courbes, sa beauté, quels que soit l’artiste ou la période de création.

 

Quel est votre coup de cœur du moment ?

J’ai chiné un très beau paravent double face en laque datant des années 70-80. L’une des faces est rouge corail et l’autre face très graphique, la qualité de la laque est incontestable. C’est un objet aux multiples usages, pouvant faire office de séparateur de pièces, de tête de lit ou de simple objet décoratif. C’est une pièce dans l’ère du temps, vintage, graphique, utile, décorative…

 

photo : INU studio