Chinez chic chez Patricia Attwood

Patricia Attwood
Patricia Attwood

Digne représentante du chic et de l’élégance, le stand de Patricia Attwood est un incontournable pour tous les aficionados de la mode et des amoureux des belles matières. L’œil aiguisé, toujours à l’affut des tendances, Patricia propose une sélection de pièces fortes en accord total avec la mode contemporaine. De son penchant pour les années 80 est né un respect inconditionnel pour les créateurs emblématiques de l’époque. Vous trouverez alors régulièrement quelques trésors des collections Mugler, Gaultier… Succombez au plaisir de (re)découvrir des pièces iconiques, sous les conseils avisés d’une experte…

Quel est votre parcours ?

Comme la plupart des marchands, je n’ai absolument pas commencé ce métier tout de suite. Pour faire plaisir à mes parents, je suis entrée à Science Po. J’étais à deux doigts de préparer le concours d’entrée à l’ENA quand j’ai commencé à côtoyer le milieu de la mode, grâce à un ami dont le père était propriétaire d’une maison de prêt à porter. J’ai commencé à défiler pour me faire de l’argent de poche. Cela me plaisait énormément, j’ai donc effectué des castings et je suis rentrée chez Nina Ricci. Je trouvais cela beaucoup plus amusant que d’envisager une carrière administrative !

 Au bout de 10 années dans le mannequinat, il a bien fallu arrêter et j’ai acheté un stand à Malassis pour présenter des antiquités. A l’origine, j’exposais des porcelaines chinoises et japonaises. Mon goût pour les antiquités remonte à mon enfance, durant laquelle j’ai passé beaucoup de temps à Drouot avec mes parents collectionneurs. En 1990, quand je me suis installée, j’ai pourtant tout de suite pensé à vendre des vêtements, mais tout le monde m’a découragée car le vintage n’était tellement pas à la mode qu’il était possible de trouver des robes de grands couturiers chez les chiffonniers…

En 2003, j’ai pris un stand à Paul Bert Serpette, toujours avec mes porcelaines asiatiques et ce n’est que plus tard que j’ai basculé entièrement pour ne vendre que du vêtement vintage. J’ai commencé en présentant ma collection personnelle.

Dites-en nous un peu plus sur votre goût

J’ai un goût très prononcé pour les designers qui ont émergé dans les années 80, comme Gaultier, Montana, Mugler, Alaïa, mais également ceux un peu moins connus comme Didier Renard.

L’un des aspects les plus importants pour moi est de présenter des vêtements qui soient portables. Présenter une robe Poiret en taille 32, pour moi c’est un autre métier. C’est pour cela que je propose beaucoup de pièces des années 70 car cela correspond bien au gout actuel des femmes. Aujourd’hui, tout le monde tombe dans le style 70 avec plaisir car c’est exactement ce que l’on aime, un style un peu bohème, des grandes jupes gitanes…

Dans ce métier, qu’est-ce qui vous fait vibrer au plus profond de vous ?

La découverte… Trouver la pièce que je n’ai jamais eu. Il y a 15 jours par exemple, j’ai acheté un sac Gucci que je n’avais jamais vu malgré mon expérience dans le métier et j’ai trouvé cela extraordinaire. Quand on est antiquaire, et ce quelque soit notre spécialité, nous cherchons tous la pièce qui nous fera vibrer. Je déteste vendre ce que je viens d’acheter, et pourtant à coup sûr, c’est celle-ci qui sera tout de suite demandée.

Avez-vous une tenue à nous proposer pour les fêtes ?

Je présente cette très belle robe d’Alberto Fabiani, haute couture romaine, des années 60. Elle est typée de son époque, on pourrait tout à fait imaginer Audrey Hepburn dedans. Elle est fabuleusement construite, les épaules juste recouvertes, les bras passant en dessous. Cette robe représente toute une époque et on l’imagine très bien avec des petits escarpins pointus et un petit chapeau. J’adore trouver un vêtement comme celui-ci, tellement représentatif de son époque qu’il est très aisé de se faire tout un film autour…

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Quand j’étais mannequin, je venais chiner à Paul Bert Serpette comme tout le monde parce que c’était, et c’est toujours, l’endroit où l’on trouvait les plus belles choses et où les tendances se font, les marchands étant très pointus. Toutes les semaines, nous avons des visiteurs très importants du monde la mode et du design. Les gens des grandes maisons viennent pour s’inspirer.

On tombe toujours sur des collectionneurs qui en savent plus que vous sur un domaine bien précis, ils sont intarissables et c’est fabuleux !