Dans l'oeil de Laurent Vanlian

Spécialiste des XVIIIème et XIXème siècles, avec un attrait particulier pour les grandes maisons parisienne, le stand de Laurent Vanlian est un véritable petit musée et une invitation à la découverte. Les collectionneurs aguerris y trouveront la pièce qui leur manque, les curieux en ressortiront en ayant acquis de précieuses connaissances, et peut être bien plus…

Aujourd’hui, notre regard s’arrête sur une extraordinaire paire de vase :

« Nous sommes ici en présence d’une paire de vases en bronze doré que l’on peut dater de 1860-1870 dont le décor est très finement ciselé. L’artisan a utilisé les techniques du niellage et de la damasquinure. Selon si l’objet était très ciselé ou non, cela pouvait multiplier par trois ou quatre le prix, car cela induit des heures et des heures de travail.

Ces pièces sont réalisées dans le gout de plusieurs grandes Maisons. Le travail sur le pied ressemble à la Maison Christofle alors que le travail sur les anses s’apparente davantage à la Maison Barbedienne. Notons également que Geoffroy Dechaume (sculpteur et créateur de modèles d’orfèvrerie ayant notamment travaillé aux cotés de Viollet-Le-Duc) avait réalisé des pièces dans le même esprit, mais beaucoup plus tôt.

Il n’y a cependant pas de signature sur ces vases, donc pas d’attribution possible pour l’instant. Le montage est français ou anglais, ce qui est un début d’orientation.

Pour vendre cette pièce, on peut soit essayer de retrouver un catalogue d’exposition où figure un modèle similaire, dans ce cas l’on pourra vendre ces vases avec leur histoire… Sinon on peut tout à fait les proposer pour leur qualité de réalisation et leur aspect décoratif. Je les ai moi-même acheté car ils me plaisent beaucoup.

Il faut donc trouver la personne qui aura la même lecture ou alors quelqu’un qui arrive à écouter ce que le marchand peut transmettre. Une personne qui va acheter l’objet non pas parce le marchand lui a dit que c’était une belle pièce, mais parce qu’il aura compris pourquoi elle est différente. Le rôle du marchand est très important, il est là pour expliquer, transmettre…

Ce que j’aime, c’est le travail des artisans, qui montre un savoir-faire aujourd’hui perdu. On ne peut plus à l’heure actuelle, refaire une pièce comme celle-ci à un prix accessible. D’ailleurs ce n’est même pas un problème de prix, mais avant tout de savoir-faire. »