Faites votre Grand Tour chez Bernard Tinivella

 

Véritable petit musée mis en scène de manière théâtrale, le stand de Bernard Tinivella vous projette tout droit dans l’époque du Grand Tour… Mais c’est à Paul Bert Serpette que ce marchand a fait ses humanités et qu’il aime transmettre sa passion aux amoureux de la sculpture… Remettre un peu de magie dans ce monde, telle est son ambition.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à faire ce métier ?

 

Je suis issu d’une famille dans laquelle nous avons toujours possédé des antiquités, mon gout a donc été façonné comme cela. J’ai fait de nombreuses choses dans ma vie en dehors des antiquités et j’ai choisi ce métier avant tout pour la liberté… Je n’aime pas l’autorité.

Le déclic est apparu le jour où l’un de mes voisins antiquaire m’a emmené à Drouot. J’ai acheté une belle jardinière et en sortant, un Monsieur m’a directement proposé de me la racheter pour 5000 Fr. A ce moment-là, je me suis dit que c’était un métier merveilleux. On se dit que l’on a un œil et c’est très valorisant. Pour moi l’Objet est quelque chose de miraculeux et d’extraordinaire, profondément ancré en moi. Quand je suis arrivé à Paul Bert Serpette, je présentais tout type d’objets et je fournissais les autres marchands. Aujourd’hui, je ne vends que de la sculpture car c’est réellement ce qui me passionne.

 

Pouvez-vous nous présenter votre stand ?

 

Sur mon stand, vous allez trouver avant tout des pièces néoclassiques car c’est une période qui m’intéresse particulièrement. A la fin du XVIIIème siècle ont été mises à jour les ruines de Pompéi et cela a donné naissance à un retour à l’antique. La redécouverte des grands philosophes a fait éclore une pensée nouvelle et engendré la création d’un nouveau monde. Dans les arts, cela se traduit au travers du style néoclassique, avec des grands sculpteurs comme Canovas et toutes les valeurs de beau, de sublime. Cela me fascine et constitue le moteur de mon amour pour la sculpture. Je présente également des pièces romaines, mais les prix sont très importants et les gens ne sont pas toujours prêts à suivre.

Je suis moi-même collectionneur d’antiques et tout ce que je présente sur mon stand, pourrait aussi bien se trouver chez moi. Dès que je vends une sculpture, je me précipite pour aller acheter autre chose… Cela doit pouvoir se psychanalyser !

En ce moment, on sent un véritable engouement pour la sculpture car elle s’intègre très bien avec du mobilier XXème.

 

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

 

Pour moi, Paul Bert Serpette c’est un amour de plus de 30 ans. Je n’aimerais être nulle part ailleurs qu’ici, c’est toute ma vie. J’ai eu des boutiques en de nombreux endroits, mais c’est ici que je veux être. Paul Bert Serpette est un lieu incontournable qui existe grâce à ses excellents marchands.

 

Présentez-nous une pièce de votre stand

 

J’aime particulièrement cette petite tête en albâtre. Elle n’a rien à voir avec ce que j’ai l’habitude de présenter car c’est une école flamande de la Renaissance. L’artiste qui l’a réalisée y a mis autre chose qu’une simple représentation d’une déesse ou d’un dieu.  De cette sculpture se dégage toute l’essence de l’homme, le renouveau d’un monde qui était extraordinaire… C’est un travail d’une magnifique qualité. Cette pièce se trouvait sur une façade, peut-être un édifice religieux.

 

Comment voyez-vous votre métier d’antiquaire ?

 

Ce métier est une drogue, on ne peut pas s’en libérer… Quand on a commencé, on ne peut plus rien faire d’autre. C’est notre vie, nous baignons dedans et j’en rêve même la nuit. Je suis maintenant à la fin de ma carrière et j’ai envie de me faire plaisir. J’aimerais acheter le monde entier, non pas pour de l’argent, mais pour le transmettre et le montrer.