Géraldine Bianco et Elisa Goldmann, quand antiquité rime avec amitié

Géraldine Bianco and Elisa Goldmann
Géraldine Bianco and Elisa Goldmann

Au croisement de l’allée 1 et 2 de Serpette, l’Ecole de Nice et des artistes décorateurs du milieu du 20ème, vous trouverez la galerie Bianco Goldmann. Un grand écart d’une cohérence visuelle pourtant évidente, proposée chaque week-end par ce pétillant duo fraichement installé entre ses nouveaux murs. Bien plus que deux associées, ce sont deux véritables amies travaillant avec passion pour réunir la crème du 20ème siècle…

Quel est votre parcours ?

Géraldine Bianco : Ma mère était brocanteuse et j’ai commencé à travailler avec elle très jeune. J’ai par la suite été assistante sur le quai Voltaire, puis j’ai travaillé au Louvre des Antiquaires et aux Puces avec Claude Hurel, un marchand qu’Elisa connaissait, c’est comme cela que l’on s’est connues. C’est un marchand très pointu sur le 20ème siècle et grâce à lui nous avons pu rencontrer tous les acteurs de ce secteur.

Elisa Goldmann : Mon père est marchand, il tient la galerie Omagh et travaillait beaucoup avec Claude Hurel. Géraldine travaillait chez lui et quand elle est partie, c’est moi qui ai repris sa place, elle m’a formée à ce nouveau poste. Quand Claude Hurel est parti à la retraite, j’ai commencé à travailler à mon compte, Géraldine s'était déjà lancée de son côté. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à travailler ensemble, nous avons pris notre 1er stand au Marché Biron.

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Notre parcours est croisé dès le départ. Nous avons la même vision du travail et de l’esthétisme. A deux nous faisons trois, nous sommes plus fortes ensemble. Nous sommes toujours d’accord et nous sommes conscientes que c’est un atout incroyable. Nous travaillons en binôme constamment, nous faisons toujours nos choix à deux.

Parfois l’une modère un peu l’autre sur certains points, sans jamais pour autant la freiner, mais en essayant de comprendre. Le dialogue et la discussion sont des éléments très importants pour nous, ce qui nous permet d’être très proches et très amies dans la vie.

Que présentez-vous sur votre stand ?

De manière générale, nous sommes passionnées par le 20ème siècle. Nous aimons la peinture et plus particulièrement l’Ecole de Nice, mais également les artistes décorateurs des années 40 à 70, nous sommes spécialistes de Jacques Adnet. Sur notre stand, vous ne verrez pas de design très radical, mais des pièces colorées, dorées, un peu luxueuses, des matières nobles comme de l’argent et du cuir. Si nous pouvions résumer notre goût en trois mots, ce serait Art, Classique et Chic.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Paul Bert Serpette est la plaque tournante des antiquités, que ce soit pour les chineurs de 6h du matin que pour les galeries. Il y a une variété incroyable de marchandise qu’on ne trouve pas ailleurs, c’est un lieu magique dans le monde de l’antiquité. En termes de clientèle, c’est un excellent marché pour les marchands étrangers et pour les galeristes français, pour les décorateurs et les particuliers.

Quelle est votre pièce maitresse du moment ?

Nous présentons en ce moment ce fauteuil Crapaud de François-Xavier Lalanne de 2005. Il est signé et numéroté sur 250, mais il n’y a pas eu autant de tirage que cela. Une dizaine tout au plus sont connus sur le marché. Les « Lalanne » sont non seulement des artistes magnifiques, mais en plus il s’avère que cette année Claude Lalanne est décédée et il y a eu deux ventes extraordinaires de la collection. Cette pièce est iconique, emblématique et ludique, elle a été reprise dans de nombreuses publications avec des d’artistes, dont une photo avec Mick Jagger qui est très connue. C’est l’une des plus belles pièces que nous ayons eues jusqu’à maintenant.

Quelle est votre vision du métier d’antiquaire ?

Bien que le commerce soit maintenant assez dématérialisé, nous sommes très attachées au contact avec les clients et à l’aspect humain de notre profession.

Une autre facette de ce métier qui nous tient à cœur est le respect du temps. Respecter la création antérieure, la mettre en valeur et l’optimiser est quelque chose d’important. Tout cela s’accorde avec nos valeurs écologiques. On touche l’historique, le beau… C’est un métier magnifique dans lequel on rencontre des gens exceptionnels.