Gibrane Aoun, quand l’artisanat sublime l’Industriel

Chiner, restaurer et sublimer pour offrir une seconde vie à des objets déjà chargés d’histoire, c’est comme cela que ce jeune marchand a su se forger une activité au croisement de ses passions pour l’artisanat et les antiquités. Cette semaine, rencontre éclairante avec Gibrane Aoun…

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé à travailler assez jeune, en passant par de nombreux petits boulots. J’ai travaillé en tant que primeur, vendu du tissu au mètre… La volonté de m’installer un peu plus dans la vie m’a rattrapé alors j’ai entamé des formations qui m’ont permis d’être consultant fiscal indépendant. Pourtant assez vite, je n’ai plus aimé ce que je faisais. Je me suis donc tourné vers l’immobilier et à force de visiter des intérieurs, je me suis mis à découvrir le monde de la décoration. Un beau jour, on m’a proposé de travailler pour quelques semaines chez un brocanteur. Quand je suis entré dans la boutique, j’ai eu une révélation. Je me suis mis à chiner, à vendre des objets sur Internet, je me suis construit un réseau et un an plus tard seulement, j’étais installé à Paul Bert Serpette.

Il faut savoir que j’ai une passion pour le bricolage depuis mon enfance, j’ai encore aujourd’hui à l’atelier des outils que je possède depuis tout petit ! Mon plaisir, c’est d’être à mon compte, restaurer des objets, faire de la vente et avoir de l’esthétique dans ma vie de tous les jours. Ce métier est pour moi un parfait équilibre.

Que trouve-t-on sur vos stands ?

Je suis spécialisé dans le luminaire industriel. Vous trouverez sur mon stand des suspensions mais également un grand nombre d’appliques. Je me suis rendu compte que lorsque l’on meuble un intérieur, il est très difficile de trouver des appliques anciennes, à un prix raisonnable, belles et bien restaurées. Je propose des pièces que l’on peut acheter par paires, voir même par séries.

Mon travail consiste à trouver l’objet, arriver à l’ouvrir, ce qui est souvent difficile, enlever la peinture et le restaurer de manière très qualitative. J’investis énormément dans le matériel, il n’y a rien que je ne puisse pas faire dans mon atelier.

Pour vous que représente Paul Bert Serpette ?

Pour moi, c’est ici que tout a commencé. Je me souviens du jour où je me suis installé… J’avais calculé mon loyer et j’avais compté qu’il fallait vendre pour 300 € durant le week-end pour que mon projet soit pérenne. J’ai finalement vendu pour 2 500 € ! J’avais rempli la boutique et je pensais être tranquille pour au moins un mois, finalement il a fallu que je me dépêche de trouver de quoi remplir à nouveau mon stand. Cela m’a très vite encouragé.

A Paul Bert Serpette, j’ai l’impression d’être chez moi. J’ai écumé de nombreux pensionnats dans ma vie et à Paul Bert Serpette, j’avais l’impression d’en intégrer un nouveau. Il y a beaucoup de marchands, on se côtoie souvent, il faut savoir vivre en harmonie. Pour cette ambiance, j’étais surentrainé ! La vie en collectivité n’a pas de secret pour moi… Au fur et à mesure, de vraies amitiés sont nées. C’est un lieu de vie que je considère comme étant une vraie chance. Être sur son lieu de travail et pouvoir voir le ciel, c’est très beau et romantique… C’est tout ce que j’aime, je suis fier d’emmener mes enfants ici et d’ouvrir ma boutique devant eux.

Présentez-nous une pièce qui vous tient à cœur

J’aime particulièrement les lampes dites « baladeuses », c’est l’un des premiers modèles qui m’a attiré. A un moment donné de ma vie, j’ai beaucoup déménagé et j’ai été lassé de me poser la question de savoir : « où allais-je installer mes lampes ? » J’ai donc posé des petits crochets un peu partout, j’ai chiné des lampes baladeuses, leur ai mis des câbles assez longs afin de pouvoir les déplacer à ma guise. Aujourd’hui, j’ai gardé cette habitude.

Ces lampes peuvent aller partout dans un intérieur et même sur un balcon où elles peuvent créer une ambiance fabuleuse. J’adore l’usage des baladeuses car elles sont pratiques, jolies, faites dans de très beaux matériaux et bien évidemment très solides, c’est le principe même du mobilier industriel.