Juncal et Jean-Pierre Carpentier, du cœur émane la lumière

Juncal and Jean-Pierre Carpentier
Juncal and Jean-Pierre Carpentier

Couple de marchands : Juncal et Jean-Pierre Carpentier, du cœur émane la lumière

A la ville comme à Paul Bert Serpette, Juncal et Jean-Pierre Carpentier forment un duo d’une complémentarité totale. Un certain goût pour l’aventure, une soif de découvertes et le plaisir d’échanger avec les clients quant à leurs passions communes. Lustres à pampilles et bronzes dorés, cristal de Baccarat et verre de Murano… Cette semaine, lumière sur un couple emblématique de Paul Bert Serpette.

Comment êtes-vous devenus un couple d’antiquaires ?

Jean-Pierre Carpentier : Mon père était marchand à Paul Bert Serpette et avait commencé il y a 70 ans, en même temps que la création du marché. Quand il a acheté son premier stand, celui-ci n’était même pas construit, il déballait à même le sol ! Enfant, je passais donc mon temps ici, en tricycle dans les allées. Lorsqu’il m’a fallu choisir mon orientation professionnelle, j’avais le choix entre chirurgien et antiquaire. N’ayant pas envie de faire 12 ans d’étude pour commencer à gagner ma vie, j’ai alors choisi les Puces.

Juncal : Au départ, j’étais dans la communication et la publicité puis j’ai commencé à travailler pour un marchand en parallèle de mon activité. Le premier jour, à la première heure, durant un déballage, j’ai vu celui qui serait mon futur mari. J’ai donc épousé l’homme, mais aussi le marchand et par la force des choses, j’ai attrapé le virus de l’antiquité. J’ai apporté une touche un peu plus commerciale à la boutique.

Que présentez-vous sur votre stand ?

Jean-Pierre : Mon père était généraliste et nous en sommes venus au luminaire de manière assez logique. Nous avions un atelier de restauration de bronze et étant donné que l’on en retrouve beaucoup sur les lustres, nous en achetions pour les remettre en état et nous en sommes naturellement arrivés à en vendre. Encore maintenant, je restaure moi-même les lustres que je présente.

Sur le stand, vous trouverez principalement des lustres du XIXème siècle.

Juncal : Il y a 15 ans, nous avons commencé à acheter des morceaux d’avions anciens pour créer du mobilier. Je me suis beaucoup investie dans cette partie-là. Cela me passionne de connaître l’origine des pièces et de savoir ce que l’on peut en faire. Cela permet également à Jean-Pierre de faire ressortir sa créativité.

Jean-Pierre : Nous avons toujours apprécié les objets hors norme, hors dimension et ça ne s’arrange pas avec le temps ! Nous avons par exemple un lustre qui mesure 4 mètres de haut et 4 mètres de large.

Que représente pour vous le fait de travailler en couple ?

Juncal : Le couple est fait de concession et de compromis, il en est de même quand on travaille ensemble ! Nous avons deux points de vue différents, mais pourtant complémentaires. Jean-Pierre aime travailler à l’ancienne, j’aime l’ouverture sur les réseaux sociaux.

Jean-Pierre : Si vous me donnez des outils, je fais ce que je veux avec. Si vous me donnez un ordinateur, il passe par la fenêtre ! Ce qui me plait, c’est la partie créative et la restauration.

Juncal : Ayant travaillé dans la communication, j’ai un autre état d’esprit, je suis plus ouverte à essayer de comprendre les nouvelles façons de vendre. Je me suis formée aux réseaux sociaux pour suivre les mouvements de mon époque et cela nous a permis d’avoir de nouveaux contacts.

Travailler ensemble est enrichissant car nous faisons un métier passion, nous apprenons énormément sur les objets, leurs histoires…

Jean-Pierre : Travailler ensemble, cela soude ou casse. Au bout de 36 ans, nous sommes encore là !

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Jean-Pierre et Juncal : C’est le marché d’où sont parties de grandes idées de décoration et même des modes. Les marchands sont très créatifs et savent mettre en valeur les objets. Paul Bert Serpette est une source d’inspiration pour beaucoup de monde, c’est un marché tendance.

Avez-vous une anecdote à nous raconter sur une pièce ?

Jean-Pierre : Il y a 40 ans, j’avais acheté une série de 9 lustres Baccarat, une commande spéciale qui date du début du XXème siècle. Sur ces lustres, il manquait des boules en cristal. 10 ans plus tard, mon père trouve sur une brocante à Cannes, les boules d’origine, avec la tige en bronze. Il ne s’agissait pas simplement du même modèle, mais bel et bien des pièces manquantes des lustres. C’est incroyable, mais l’histoire ne s’arrête pas là… Il me restait ainsi deux lustres et il me manquait une boule. Alors en déplacement en Russie, Juncal m’appelle et me dit qu’elle vient de trouver les cristaux sur Internet. Ils m’attendaient sagement à Nancy, depuis 10 ans… C’est une histoire de dingue.