La Sélection du week-end
Table en chêne, Jean Prouvé, 1947
Edouard Demachy, Allée 5, Stand 16, Serpette
Attention, pièce rare ! Voici l’une des premières tables sorties de l’atelier de Jean Prouvé après-guerre près de Nancy. Élégante et sans fioriture, sa simplicité répond parfaitement aux exigences du mobilier d’architecte : économie de moyens, utilité maximale et accessibilité au plus grand nombre. Son entretoise laquée « jaune Prouvé » la signe. Un détail étonnera pourtant les connaisseurs : ses mensurations. 1m85 de long, c’est petit pour du Prouvé ! Les dimensions s’étendront quelques années plus tard…
Robot Lamp, Torino, 1970
Stanislas Reboul, Allée 6, Stand 228, Paul Bert
Voici une lampe complètement dans l’esprit Paul Bert Serpette : improbable, intrigante et rare. Très rare même car peu produite, elle ne connaît aucune réédition. Et l’état impeccable de celle-ci est remarquable. Enclenchez l’interrupteur, le robot s’anime de lumière : sa tête et ses mains distrairont le plus sobre des intérieurs. Torino design offre là un lumineux clin d’œil à l’enfance et aux rêves de science-fiction.
Miniature, début XIX
Thierry & Marion Attanasio, Allée 1, Stand 7, Serpette
Dans la vitrine, au milieu de bibelots, une ravissante miniature sourit, l’air pensif, le regard tourné vers quelque chose qui nous échappe. D’époque Napoléon 1er, cette peinture sur ivoire, dans son cadre d’origine, rappelle par la pose du modèle le travail du grand miniaturiste Jean-Urbain Guérin. Et pourtant… la délicatesse du trait aiguillerait plutôt vers le travail d’un peintre. Ce portrait est un chef-d’œuvre hypnotisant meilleur encore que ceux connus de Guérin.
Desserte années 50
Christine et Jean-Jacques Genin, Allée 3, Stand 165, Paul Bert
Sa couleur, d’origine, interpelle. Un corail soutenu cerné de quatre pieds noirs montés sur roues. Épurée, toute en lignes droites et perpendiculaires, cette desserte d’après-guerre est un modèle de simplicité et de bon goût. Less is more proclame-t-elle. Ses deux plateaux latéraux coulissants permettent de moduler l’objet et de jouer sur l’espace qu’il occupe. D’allure très moderniste, elle évoque l’esprit Bauhaus qui revendiquait une adéquation totale entre la forme et la fonction.
Lustre Baguès, 1940, bronze doré et cristal
Carmina, Allée 1, Stand 38, Serpette
Maison auvergnate fondée en 1840, Baguès est la référence en matière de lustre ancien. Restauré dans son bronze et cristal d’origine, ce lustre de 1940 est emblématique du style de la maison qui conjugue avec brio élégance et excellence. Montés à la main, les cristaux fleurissent sur le bronze doré et rayonnent dans toute la pièce illuminée d’un savoir-faire français jamais égalé.
Pièce 1264, Pierre Guariche, 1961
Aurélien Jeauneau, Allée 6, Stand 93, Paul Bert
Commode en placage de teck flammé, cette création de Pierre Guariche est une des toutes premières éditions issues de sa collaboration avec Meurop. La maison d’édition belge engage le designer français, membre de l’UAM, en 1957, en tant que responsable du département mobilier. D’une efficace sobriété, cette création de Guariche résiste aux modes et s’adapte encore aujourd’hui à n’importe quel salon.
Cabinet Renaissance génois époque XVIIIe
Maison James, Allée 4, Stand 22, Serpette
Ce superbe cabinet du XVIIIe siècle en noyer réserve bien des surprises… Richement sculpté, son décorum cache un ingénieux système de rangement à tiroirs et portes. Chaque recoin est un bijou de précision ornementale pour mieux tromper celui qui oserait explorer ce cabinet. Parfaites pour dissimuler le précieux et le secret, de nombreuses caches sont insérées à l’intérieur des tiroirs. Tant et si bien qu’on s’y perdrait presque ! De dimension raisonnable, ce meuble énigmatique siéra parfaitement à un intérieur contemporain.
Sunburst, horloge murale, George Nelson, 1955
Pablo Parra, Allée 6, Stand 232, Paul Bert
Le temps passe mais le design reste. Inlassablement, les aiguilles tournent sur cette étoile de la création américaine. Signée George Nelson et éditée par Howard Miller, cette horloge continue d’inspirer les designers contemporains. Déstructurée et aérienne, elle trotte sur le mur dont elle égaie les lignes. Elle donnerait du relief à n’importe quelle surface plane. Moins connue que la Ball Clock, dessinée dans une nuit d’ivresse entre amis, elle partage toutefois avec sa consœur une certaine fantaisie et irrévérence chères à une Amérique alors toute puissante.
Luminaire Art Déco
Roger Zerbib pour Radovan Haltuf, Allée 4, Stand 10, Serpette
Parmi la diversité de luminaires Art déco qui peuplent ce stand, un règne en maître. Son imposante envergure, inhabituelle pour le style et l’époque, fait lever les yeux au ciel. Sur près d’un mètre de diamètre, il déploie ses lignes cubistes. Signé Degué, grand maître verrier d’avant-guerre, ce lustre des années 30 s’accompagne d’une lanterne d’entrée et d’une paire d’appliques.
Sculpture 1920, Style Maillol, Louis Dejean
Le 7, Allée 7, Stand 7, Paul Bert
Ce buste féminin en impose. Sa carrure et sa cambrure reprennent le canon caractéristique de l’école de sculpture française entre 1920 et 1940. En taille directe, il évoque les femmes charpentées de Maillol. Ses sculptures qui, pour la première fois, privilégient la forme sur l’idée. On cherche encore son origine mais tout indique qu’il s’agit là de l’œuvre d’un grand sculpteur de l’entre-deux guerres.
