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La Sélection du week-end spéciale D’Days par Anne Bony

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LA SÉLECTION DU WEEK-END
SPÉCIALE D'DAYS
PAR ANNE BONY

Paul Bert Serpette accueille pour la première fois D’Days, le festival de la création contemporaine, qui depuis 15 ans met le design sur le devant de la scène, révèle les créateurs émergents et construit des ponts entre la culture, l’économie, le social. Pour cette quinzième édition, Anne Bony, professeure de design contemporain à l’Institut français de la mode et auteure de nombreux ouvrages sur les arts décoratifs, a imaginé un parcours à travers le design et son histoire aux Puces de Paris Saint-Ouen. Futur Antérieur est un dialogue entre objets du passé et objets du présent. A Paul Bert Serpette, la commissaire s’est attachée à mettre en perspective de grands noms, tels René Prou, Charlotte Perriand, Guillerme & Chambron ou encore Mathieu Matégot, soulignant le travail de découvreurs des antiquaires, gardiens d’une mémoire décorative.

Découvrez en avant-première ce voyage dans l’histoire des arts décoratifs.

Suspension italienne à 3 branches orientables, années 50
Simonet Antiquités, Allée 1, Stand 33, Serpette

Couleur, légèreté et mobilité sont les trois ingrédients du pouvoir de séduction de cette suspension. « Les années 50 en Italie innovent en réintroduisant la couleur dans les objets fonctionnels » explique Anne Bony. Le choix des couleurs primaires rapproche cette sculpture lumineuse d’une œuvre d’art et annonce le Pop Art. Ce retour de la palette dans le design fait écho au lampadaire « Orbital » de Ferrucio Laviani quarante années plus tard.

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Table « Java », Mathieu Matégot, 1954
2021 Design, Allée 5, Stand 253, Paul Bert

L’après-guerre amène les designers à se tourner vers de nouveaux matériaux, moins coûteux, plus économiques. Mathieu Matégot joue ici avec la tôle qu’il se réapproprie en la perforant selon sa technique du « rigitulle », enseigne Anne Bony. En naît une danse entre la matière et la lumière, renouvelée à chaque moment de la journée. Objet insaisissable, cette table « Java » répond à la bien nommée « Illusion » de Roberta Rampazzo.

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Table à l’italienne, Guillerme & Chambron, Votre Maison, 1965
Colangelo Antiquités, Allée 1, Stand 31, Serpette
Dans un pays marqué par le manque et la privation et où tout est à reconstruire, le leitmotiv de Guillerme & Chambron s’impose rapidement : de l’économique, de l’utilitaire et du confortable. Produits en série dans les Vosges, leur mobilier promeut un art de vivre modeste, robuste et authentique. D’une rusticité généreuse et accueillante, voire rassurante dans une France dévastée, leurs créations, telle cette table de 1965, sont « organiques » souligne Anne Bony.

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Lampadaire, années 40
Galerie Fourtin, Allée 6, Stand 81, Paul Bert

« Présence verticale stable », analyse Anne Bony, le lampadaire illumine la maison de sa fine et discrète allure. A cette création des années 40, Anne associe le lampadaire « Manana » de Marie-Louis Gustafsson, création à rebours des codes établis : dépouillé, fragile, la lumière se tient ici debout dans un équilibre précaire, le lampadaire prenant appui sur le mur.

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Plats à rehauts, toutes époques
Les Tables d’Eva, Allée 4, Stand 2, Serpette

Avant de se présenter dans l’assiette, la sophistication se dressait sur les tables. Verreries, argenteries et porcelaines étaient l’occasion de faire étale de sa puissance et de sa richesse. Impensable de ne pas rehausser les pâtisseries sur des présentoirs délicats. Aujourd’hui que les valeurs et les enjeux sont bouleversés, observe Anne Bony, l’éco-responsabilité s’invite jusque dans l’assiette et aux fragiles porcelaines, Ed Carpenter préfère la « simplicité du bois » pour son plateau à gâteau « Arbour ».

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Tables d’appoint, René Prou, années 40
Lionel Sanderson, Allée 4, Stand 223, Paul Bert

Célèbre décorateur entre autre du paquebot France et de l’Orient Express, René Prou signe ici deux délicates tables d’appoint « dessinées en volutes et dotées d’une fonction lumineuse » observe Anne Bony. Comme une volonté de réinventer ce meuble discret et léger par essence à une époque où les rationnements et l’effort de guerre raréfient les moyens. Une contrainte qui fait écho à celle que s’imposent les frères Campana avec le principe de récupération édifié en moyen de valorisation des plus pauvres et de protection de l’environnement.

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Chaise longue style Louis XVI, XIXème siècle
Antiquités Voltaire, Allée 3, Stand 155bis, Paul Bert

Le lit de jour qui apparaît sous Louis XV, raconte Anne Bony, était dédié à ces heures de pose et de lecture que Madame s’accordait entre deux salons ou réceptions. La traditionnelle bergère en bois est alors rallongée pour que la maîtresse de maison puisse y délasser ses jambes. Aujourd’hui revisitée par Konstantin Grcic, la chaise longue est pensée pour la vie moderne et connectée : le livre faisant place à la tablette, l’accoudoir s’adapte et le corps, aujourd’hui contrainte première, est pensé dans sa globalité.

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Lustre en descente de pastilles de nacre, Verner Panton, circa 1960
Jacques André-Bonnard, Allée 3, Stand 149, Paul Bert

Véritable transcription de l’Op Art et de l’art cinétique dans le mobilier, cette création de Verner Panton prouve s’il le faut l’influence d’un Vasarely ou d’un Schoffer sur les designers de l’époque. L’accumulation de pastilles de nacre donne une épaisseur et un dynamisme à ce lustre-manifeste dont la lumière ricoche sur ces écailles précieuses. Cinquante ans plus tard, un autre danois, Vibeke Fonnesberg Schmidt crée une suspension « Bau » préconisant cette fois-ci « l’effacement de la figure despotique du designer au profit de l’appropriation par l’usager. »

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Chaise paillée, Charlotte Perriand, circa 1960
Artocarpus, Allée 2, Stand 143, Paul Bert

Esprit libre et terriblement moderne, Charlotte Perriand n’en est pas moins une femme « passionnée de montagne et de ruralité » rappelle Anne Bony. Une passion qui l’amène notamment à utiliser la paille comme garniture de ses assises, à rebours de l’esthétique édictée par l’UAM. Une démarche engagée pour une certaine authenticité qui s’accorde parfaitement avec celle de Jean-Louis Iratzoki, directeur artistique de la société coopérative Alki qui œuvre aujourd’hui à la sauvegarde de l’artisanat du Pays basque via des matériaux locaux à savoir le chêne, le feutre et… la paille.

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