Maggy Bravard, une curiosité bien placée

Si depuis de nombreuses années Paul Bert Serpette s’est forgé une réputation de prescripteur de tendances, c’est sans doute grâce à des marchands passionnés comme Maggy Bravard. Installée depuis plus de 40 ans à Paul Bert Serpette, les allées du marché n’ont plus de secret pour elle. Après toutes ces belles années à voir passer entre ses mains les plus grands noms du design des années 50, Maggy reste une chineuse invétérée. Réveillez le chineur qui sommeille en vous et venez dénicher des pièces dignes des magazines de décoration les plus pointus.

Quel est votre parcours ?

J’ai toujours beaucoup chiné ! Quand je suis arrivée à Paris avec mon mari en 1968, nous passions nos week-ends à chiner à Paul Bert Serpette pour nous meubler.

A cette époque, un grand nombre de marchands présentaient des pièces du début du 20ème et j’étais très attirée par l’Art Deco.

A un moment donné, je me suis posée des questions sur mon avenir. Ma passion première étant de chiner et à force de venir ici, je me suis lancée avec une amie et du jour au lendemain, nous nous sommes inscrites au registre du commerce. Nous avons réuni des objets et avons commencé en déballant à Vanves avec notre 4L et notre barnum.

Nous avons rapidement eu pour ambition de nous rapprocher de Paul Bert Serpette. A l’époque, beaucoup de marchands déballaient rue Paul Bert et ils nous ont fait une petite place. Nous y déballions tous les lundis. Au bout d’un moment nous avons souhaité acheter un stand, j’ai donc pris le 414 en 1976. Nous ne présentions que du mobilier Art Déco, des pièces fabuleuses.

D’où vous vient cette passion de chiner ?

Je ne sais pas réellement d’où me vient cette passion… Je suis curieuse de tout, je m’intéresse beaucoup aux objets et je fais partie de ces marchands qui préfèrent chiner plutôt que vendre.

Que présentez-vous sur votre stand ?

Au fil du temps, l’Art Déco est devenu très cher et rare, puis est finalement passé de mode. J’ai donc commencé à acheter du mobilier des années 40. Puis tout naturellement j’en suis venue aux années 50 et je me suis un peu arrêtée à cette période. J’aime aussi beaucoup la céramique. J’ai un spectre assez large au niveau des nationalités des pièces que je présente. Vous pourrez trouver des chauffeuses de Pierre Paulin, des fauteuils de Marco Zanuso, des pièces de Bastiano da Costa, un designer portugais mais également du luminaire et beaucoup de céramiques.

Je trouve le mobilier des années 50 très gai et coloré. Les formes sont très belles, c’est un mobilier fonctionnel et élégant.

Pouvez-vous nous parler d’une pièce de votre stand qui vous tient à cœur ?

J’adore cette paire de fauteuils Lady de Marco Zanuso. J’ai commencé à acheter des pièces de ce designer il y a une quinzaine d’années. Un jour j’en ai trouvé une paire sur le déballage du Mans à 100€. Ce n’était pas encore très connu. J’ai trouvé le dessin magnifique et me suis renseigné. J’ai trouvé un tapissier qui les a restaurés, c’était magique ! J’en ai vendu beaucoup par la suite. Ce sont des fauteuils d’un confort extraordinaire, le dessin est magnifique, tout est réuni pour en faire des pièces d’exception. Le fauteuil Lady est typique des années 50 mais qui possède en même temps un caractère intemporel. Dans les magazines de décoration, vous trouverez toujours une paire de Zanuso.

Que représente Paul Bert Serpette pour vous ?

Pour moi, il représente tout. C’est LE marché, l’endroit préféré des décorateurs. C’est là où les tendances naissent. C’est un marché magique où vous pouvez trouver de tout et chiner de superbes pièces. C’est toujours un très grand plaisir de venir travailler ici et le jour où je partirai, ce sera définitif, surement pas pour m’installer ailleurs !