Marceau Galliot, l’épanoui

Après avoir vécu aux Etats-Unis et en Argentine, c’est à Paul Bert Serpette que Marceau Galliot a élu domicile. Fruit de tendres souvenirs d’enfance, chiner et s’inspirer dans les allées participe aujourd’hui à son épanouissement absolu. Entre céramiques, esquisses et mobilier, découvrez le savoureux mariage de l’ancien avec le XXème sur le stand de cet antiquaire de passion et d’impulsion.

Parlez-nous de votre parcours

Tout commence par des souvenirs d’enfance… Très sensibles à l’univers des antiquités et de la décoration, mes parents prenaient plaisir à chiner et s’imprégner des tendances aux Puces de Saint Ouen. Les meubles anciens peuplaient notre maison ! Très tôt, j’ai accroché avec Paul Bert Serpette et développé mon goût au gré des allées… Chiner en famille, fréquenter les salles des ventes et apprendre auprès des antiquaires constituait donc un réel passe-temps familial. Au-delà des études que j’ai pu faire en histoire de l’art, j’ai surtout appris ce métier en salle des ventes, une « vraie école » à mon sens.

Après m’être cherché quelques années au travers d’expériences diverses dans la restauration, ou dans le journalisme, je me suis lancé sur un coup de tête. C’est à Lyon, en 1995, que j’embrasse le métier pendant 3 ans pour finalement mettre les voiles sur San Francisco et ouvrir un magasin d’antiquités de 1999 à 2007. J’ai ensuite mis de côté mon amour de l’objet et tenté d’ouvrir un restaurant en Argentine avec mon compagnon. D’un métier à l’autre, je gardais cette dimension d’échange humain, primordiale à mes yeux. La vie nous a ramené à San Francisco puis fait rentrer à Paris, plus près de nos proches.

Je n’ai pas tout de suite relancé mon activité d’antiquaire mais ai retenté l’expérience d’ouvrir un restaurant. Toutefois, je me suis vite aperçu que je continuais de chiner en parallèle de mon activité. Je n’ai d’ailleurs jamais cessé de chiner en salle des ventes, dans les vide-greniers, les brocantes, les déballages en Province et les Puces d’autres villes parfois. J’entassais mes trouvailles dans mon appartement… J’ai donc pris la décision de combler ce manque du métier qui m’habitait depuis quelque temps et ai longuement patienté pour obtenir un stand à Paul Bert Serpette. C’est alors qu’en juin 2019, j’ai enfin pu m’établir dans l’allée 4 de Paul Bert.

 

Pourquoi Paul Bert Serpette ?

Paul Bert Serpette est, depuis toujours, mon marché préféré. Un marché qui a su garder son authenticité. J’aime l’ambiance, l’aspect paradoxalement anachronique et tendance qui règne dans les allées. Ce métier m’épanouit totalement et le plaisir m’anime encore chaque matin, chiner, transmettre, découvrir les nouveautés dans les allées… La bienveillance entre marchands m’inspire également beaucoup, nous formons un « petit clan » avec ses querelles et son esprit solidaire.

 

Que présentez-vous sur votre stand ?

En tant que généraliste, je présente des coups de cœur du XVIIIème siècle aux années 70 avec un penchant pour la céramique, de Vallauris aux céramiques italiennes et tout ce qui rapporte au monde animalier. Je suis également un grand fan de Fornasetti, malgré la difficulté à trouver ses pièces anciennes, des plateaux ou des céramiques d’une grand valeur… Grand amateur de Pierre Paulin et des illustrations minimalistes de Marcel Vertès, je peux aussi succomber pour des aquarelles et des objets de décoration atypiques…

 

En ce moment, je présente sur mon stand un canapé d’époque Directoire, aux belles lignes, simples, orné de sculptures drapées devant et de faisceaux de licteurs sur les côtés ; un tableau « Combat de coq » fait avec des tessons de bouteille collés sur une toile de jute…  Le travail et la composition sont très intéressants même si mes recherches concernant le nom de l’artiste, Petitdidier, n’ont pas encore abouties. Je ne suis pas partisan du total look mais grand adepte du mélange d’époques et de styles. Un canapé XVIIIème, un pichet de Vallauris et une lampe design dans un même salon participent, à mes yeux, au cachet de la pièce.

 

Parlez-nous d’une pièce coup de cœur

Un pélican en terre-cuite fabriqué pour Primavera très probablement vers les années 1930. Au-delà de la froideur que peut générer l’immobilité d’une sculpture, sa tête est sympathique et le rend attachant ! Je dois avouer qu’il a passé quelques temps à la maison sur une table près du canapé, et je me suis même parfois surpris à lui parler… C’est un des avantages de ce métier : on peut changer de décor régulièrement, acheter des objets, les garder chez soi quelque temps et ensuite les remplacer pour les amener sur le stand, c’est un renouvellement continu …