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LA TROUVAILLE D’UNE VIE

Les gestes délicats et précautionneux de Jean Delmas, antiquaire à Serpette, témoignent du grand âge de cet objet mais également de sa rareté... On n’en compte qu’une dizaine au monde. On peut en admirer au Musée des Arts et Métiers à Paris ou à Oxford mais dans un marché, c’est du jamais vu. Jean Delmas n’en a vu passé qu’un dans sa longue carrière d’antiquaire et c’est celui-ci. Autant dire qu’il le garde précieusement.

ÉTRANGE INSTRUMENT

De forme ronde, plate, il tient dans la main. Sa surface dorée est parcourue d’inscriptions gothiques indéchiffrables pour le commun des chineurs. Des courbes, des droites le quadrillent selon un ordre mystérieux. En son centre, une structure de cercles et d’arabesques se déplace pour indiquer à l’initié un code secret.

Digne d’un film d’Indiana Jones ou d’un roman de Dan Brown, cet objet intriguant chatouille l’imagination et fait naître les plus folles spéculations.
« Astrolabe » chuchote discrètement Jean Delmas. Dans son stand où règne le tictac des horloges d’un autre temps, c’est lui qui garde le secret de cet énigmatique objet.

STAR WARS AU MOYEN-AGE

Apparu en Grèce antique, l’astrolabe est le pendant nocturne du cadran solaire. Fruit de savants calculs, il permet de connaître le positionnement des étoiles, de calculer la hauteur des astres et à partir de là, de lire l’heure. Utilisé pour l’astronomie et l’astrologie, l’astrolabe ne peut servir que dans le lieu pour lequel il a été conçu, la carte du ciel variant selon la latitude.
Sur la représentation de la sphère céleste, l’araignée tourne symbolisant les étoiles et le soleil.Au dos, le calendrier civil, le carré des ombres et les signes du Zodiaque permettent de se repérer en fonction du jour. Progressivement évincé notamment par l’essor de l’horlogerie, l’astrolabe est le lointain ancêtre du GPS.

SOUS LE CIEL DE PARIS

Très prisé des mathématiciens et astronomes arabes, l’astrolabe connaît en France une période faste à la fin du Moyen-Age. Jean Fusoris, médecin, ecclésiastique et scientifique, créateur de l’horloge astronomique de la cathédrale de Bourges, en fait son fonds de commerce parisien. Né en 1365, pendant la Guerre de 100 ans, ce fils de potier apprend à fondre l’étain avec son père. Il en tire son nom du latin fusor, fondeur. Monté à Paris, il ouvre sa boutique de cadrans solaires portatifs et autres instruments de mesure. Auteur d’un Traité et usage de l’astrolabe, dédié à Pierre de Navarre, Fusoris signe ses créations par ses « araignées » reconnaissables entre toutes. C’est grâce à elle que cet astrolabe peut lui être attribué. A cela s’ajoute l’inscription « Paris » qui confirme que l’instrument a été conçu pour une utilisation parisienne.
Disparu vers 1436, Jean Fusoris n’avait sûrement pas imaginé que son astrolabe serait toujours en vente, sous le ciel de Paris, plus de 500 ans après…

 

 

 http://paulbert-serpette.com/antiquaires/jean-delmas/

 

 

 

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