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André Arbus (1903–1969) occupe une place à part dans le paysage des Arts Décoratifs français du XXe siècle. Formé à Toulouse dans l’atelier familial d’ébénisterie, puis aux Beaux-Arts, il développe une pratique très construite du mobilier, à rebours des logiques industrielles et des avant-gardes radicales de son époque.

À partir des années 1930, il affirme un vocabulaire reconnaissable : formes issues du répertoire classique français, piétements fuselés, symétries, équilibre des masses... Qu’il simplifie et adapte à des intérieurs modernes. Contrairement à de nombreux créateurs de l’après-guerre, Arbus ne cherche pas à rompre avec l’histoire, mais à en proposer une lecture contemporaine, fondée sur la rigueur du dessin et la qualité d’exécution.

Ce guéridon en sycomore des années 1940 en est un bon exemple. Le choix de ce bois clair, très prisé à l’époque, permet un travail fin des surfaces et met en valeur la précision des assemblages. Le piètement, particulièrement travaillé, illustre bien la manière dont Arbus transforme un motif classique en élément structurant, presque architectural.

Cette pièce est à rapprocher des ensembles réalisés pour des commandes officielles, notamment au Château de Rambouillet, où Arbus conçoit des décors complets. Il y développe une approche globale : le mobilier n’est pas isolé, il participe à une composition d’ensemble pensée dans ses proportions, ses rythmes et ses circulations.

Parallèlement, Arbus intègre à certaines pièces des matériaux plus précieux : bronze, ivoire, laque, et produit également des meubles en bronze, à la frontière de la sculpture, qui renforcent sa singularité dans le paysage français.

Aujourd’hui, son travail est particulièrement recherché pour cette position d’équilibre : une maîtrise artisanale héritée, associée à une écriture sobre et lisible, qui traverse les époques sans effet de mode.

Disponible chez Maison Cedric
https://www.paulbert-serpette.com/antiquaires/maison-cedric

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